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FOCALE JOUE PAS TA MIJAURÉE : DIX MOTS GROSSIERS POUR SE DÉFOULER SANS PARAÎTRE VULGAIRE

10 Avril 2019, 22:38

● Flibustier

Cette injure sert à désigner un escroc ou un voleur. Le terme vient du néerlandais vrïjbuiter et caractérise à l’origine «un pirate aventurier qui fait du butin librement». On trouve le mot chez Voltaire: «Les premiers rois de Rome étaient des capitaines de flibustiers». Précisons cependant qu’un «drôle de flibustier» est une expression utilisée par les grands-parents «pour désigner leur petit-fils qui vient de faire une bêtise».

● Freluquet

Voilà une injure que l’on peut lire chez Edmond Rostand. «Je ne m’attife pas ainsi qu’un freluquet, mais je suis plus soigné si je suis moins coquet.» Qu’entendre par «freluquet»? Le mot vient de freluque, terme français du XVIIe siècle «qui désignait une mèche de cheveux». Par la suite, il a fini par devenir une «insulte qui laisse à supposer qu’une personne est malingre et frivole».

● Alambic

Quand la fête bat son plein, il y en a toujours un. Un qui a trop forcé sur la boisson et qui va trop loin. Ridicule, il titube, s’effondre sur le trottoir et s’éponge dans le caniveau. Ivre mort. Certains passants malveillants n’hésiteraient pas à dire: «Quel soûlard!», «Encore un alcoolo!», «Ivrogne, à son âge!» Il existe un terme plus élégant. À la sonorité plus douce, presque poétique. Il s’agit d’«alambic», du grec ambiks, «vase»: «Personne qui consomme autant d’alcool qu’un alambic qui peut en produire». À savoir qu’un «alambic», comme le rappelle Le Trésor de la langue française, est un «appareil composé essentiellement d’une chaudière en forme de cornue surmontée d’un gros tuyau terminé par un serpentin placé dans une cuve d’eau froide, et qui sert à distiller».

● Galapiat

Vous marchez dans la rue. Un homme vous bouscule et, en plus, vous reproche de l’avoir percuté. Inélégant, il lâche une grossièreté. La tentation de lui répondre avec autant de trivialité est grande. Il existe un mot parfait pour le faire avec élégance: «galapiat». Comprendre: «un homme vulgaire et grossier». Le terme pourrait «avoir la même souche que galopin», c’est-à-dire un «chenapan, coquin, canaille».

● Lovelace

Il existe beaucoup de noms pour désigner l’individu amoureux de l’amour. Un libertin, un Dom Juan, un coureur de jupons... Et d’autres mots bien sûr. Dans nos dictionnaires, nous pouvons également trouver le très joli «lovelace», du nom d’un personnage du roman Clarissa Harlowe de Samuel Richardson. «La belle Clarissa se laisse séduire par un vil suborneur du nom de Lovelace (lacet d’amour en français!)» Ainsi, le «lovelace» est synonyme de «vil suborneur, libertin peu scrupuleux, bref un homme à éviter».

● Microcéphale

Excellent terme qui nous vient du grec ancien et qui signifie «petite tête». Ainsi, lancer à quelqu’un «espèce de microcéphale!» signifie «qu’il a une petite tête et un petit cerveau, donc qu’il est stupide». On trouve le mot dans les écrits d’Octave Mirbeau: «Si tant est qu’on puisse dire de ces gens qu’ils fussent jeunes, avec leurs faces pâles et fripées, leurs pauvres crânes étroits et fuyants, dont la conformation microcéphale s’accusait dans une calvitie précoce.»

● Mijaurée

Votre cheffe est sûre d’elle? Trop, peut-être? C’en est légèrement agaçant? On peut dire que c’est une «mijaurée». Le mot vient du verbe «mijoler», «câliner». On y a recours pour qualifier une femme «à la fois prétentieuse et qui, sans cesse, fait des manières». Le Trésor de la langue française précise qu’elle est souvent «ridicule, maniérée et jeune».

● Rouscailleur

Un mot qui qualifierait parfaitement les Français. Ou en tout cas, qui rappelle leur réputation: ils sont râleurs. Un «rouscailleur» est une «personne qui passe son temps à réclamer sans cesse». Le terme pourrait venir du verbe rousser, qui en vieux français signifie «gronder» et de cailler, «bavarder».

● Palsambleu!

Plus qu’une insulte, c’est un juron. Une exclamation. Un cousin de «Morbleu» ou «diantre». Le terme est formé sur la phrase «Par le sang de Dieu» et s’employait notamment dans les pièces de théâtre, «un peu comme Nom de Dieu, mais en plus sophistiqué». Marivaux n’hésita pas à y avoir recours: «Oh! palsambleu, beauté sans pair, vous avez lu dans mes yeux que je vous adore (...).»

● Harpagon

Là encore, on retrouve le terme dans le monde du théâtre. Chez Molière, pour être précis. L’«harpagon fait référence au personnage de l’Avare». Le nom propre vient du latin classique harpago, «harpon», lui-même issu du grec «rapacité, avidité».

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