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De quoi la crise du coronavirus est-elle le nom ?

4 Avril 2020, 19:17

De quoi la crise du coronavirus est-elle le nom ? D’un déséquilibre écologique, d’une nouvelle façon de penser le risque, d’un grand effondrement annoncé ? Qu’a-t-elle de véritablement inédit ?

L’historien des sciences Jean-Baptiste Fressoz répond à quelques idées reçues sur le sujet. Extraits de l'entretien paru dans BastaMag.

On peut évidemment dire du Covid qu’il est une « maladie de l’Anthropocène », puisque l’épidémie s’est propagée par les avions, les canaux de la mondialisation. Mais l’anthropocène est une notion tellement englobante que je ne suis pas sûr qu’on ajoute beaucoup de sens en disant cela. (...) Concernant l’agriculture industrielle, il y a effectivement eu dans les années 1990-2000 des épidémies de grippes, H1N1 et H5N1, causées par l’élevage industriel – un excellent incubateur de souches de grippe de plus en plus virulentes. (...) Ce dont on a besoin aujourd’hui, c’est d’une histoire environnementale des virus. On sait par exemple que celui du Sida a commencé à se diffuser dès les années 1920 au Congo à cause des plantations de caoutchouc, des chemins de fer, des routes [2]. Idem pour les épidémies récentes d’Ebola qui ont été mises en relation avec le développement de l’huile de palme. Pour les grippes, ce sont les usines à viande qui sont en cause. Et pour le Covid-19, c’est encore différent : une vieille question d’hygiène, et non les prémices des enjeux environnementaux du futur. (...) Ce qui est ici inédit et potentiellement « historique », c’est que la plupart des gouvernements ont choisi d’arrêter l’économie pour sauver des vies. C’est une excellente nouvelle. Le Covid-19 crée ainsi un précédent : si on a pu arrêter l’économie pour sauver 200 000 personnes en France, pourquoi ne ferait-on pas demain le nécessaire pour prévenir les cancers et les 40 000 morts prématurés par an dues à la pollution ? (...) même le chantre des « premiers de cordée » et de la mondialisation heureuse se fait l’apologue de l’État-providence.(...) Il peut très bien y avoir une démondialisation à la marge : mettre fin à la sous-traitance de la production de masques ou des principes actifs nécessaires pour les tests et remettre sur le territoire des usines capable d’en produire. (...) L’enjeu est là, bien sûr : mettre à profit cette crise globale majeure pour engager une véritable transition.

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