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Chroniques zactuel 2018 : de la charge mentale au coaching... un tour d'actualités sélectives

15 Juillet 2018, 13:22

- Être pauvre est une charge mentaleLe professeur et chercheur de psychologie à l'université de Princeton Eldar Shafir étudie les mécanismes psychologiques de la misère. Il pense que le système de lutte contre la pauvreté est à repenser totalement. Le succès n'est-il pas une affaire de situations sociales ? Les chercheurs mettent en avant dans cette université que lorsque vous êtes pauvre, vous passez un temps fou à gérer votre pauvreté. C'est pratiquement un travail à plein-temps. En quelque sorte, la bande passante mentale est saturée. Ce terme désigne la somme de l'attention qu'un individu peut déployer pour gérer simultanément des problèmes à l'image d'un ordinateur. Le système cognitif est très limité, bien plus qu'on peut le penser. Que vous soyez pauvre ou débordé de travail, que vous ayez une soif terrible, une part importante de vos facultés mentales est allouée à l'extraction de cette situation de manque. Aussi la bande passante restante pour régler des problèmes se réduit. Être pauvre est finalement une charge mentale qui ne disparaît jamais. Si nous voulons améliorer le sort des personnes pauvres et que cela ne soit plus une situation fatale, il convient d'améliorer le contexte dans lequel les gens évoluent : il faut leur faciliter la vie matérielle de sorte qu'il puisse se consacrer à leur élévation sociale. Source : Society

 

- Toutes les théories économiques ont fabriqué un individu artificiel uniquement égoïste et intéressé par l'argent. Du coup, les entrepreneurs ne pensent qu'à faire de l'argent et ignorent tout le reste. L'économiste bangladais Muhammad Yunus, inventeur du microcrédit et prix Nobel de la paix en 2006 pense que les vrais êtres humains dans le vrai monde sont à la fois égoïstes et altruistes. On peut penser dollars, mais aussi aider les gens. L'économiste évoque un « social business » réglant des problèmes concrets. Les gens comprennent difficilement la fibre sociale des entrepreneurs qui ambitionnent moins de vouloir gagner de l'argent, mais davantage de respecter une éthique et une idée du partage. À lire l'ouvrage de Muhammad Yunus : Vers une économie à trois zéros. Zéro pauvreté.  Zéro chômage. Zéro émission carbone, chez Jean-Claude Lattès éditeur.

 

- Clairement, on ne vieillit pas bien en France. Certes, l'espérance de vie s'allonge, mais l'isolement guette. Les personnes âgées doivent rencontrer du monde, garder des contacts sociaux. Que la Poste propose un service qui se substitue à la famille n'a rien de choquant sauf de le faire payer. Cette institution n'est-elle pas issue du service public ? La marchandisation du lien social n'est pas digne d'une société dite moderne et avancée. 

 

- Le développement personnel est à la mode depuis plusieurs décennies et nombre de personnes le confient à des coachs. On peut avoir un coach pour le business, un coach financier pour la gestion de son argent, un coach spirituel et de pleine conscience, un coach sportif pour faire de la gymnastique chaque matin et un coaching par internet pour préparer ses menus alimentaires quotidiens. Aujourd'hui, le coaching est valorisant. Il valorise l'individu, pour autant est-il efficace ? Le coaching est né dans les années 1970 aux États-Unis, en même temps que la programmation neurolinguistique. Dans les faits, il s'agit de s'autosuggérer des idées positives, par la répétition de mots ou la visualisation de situations ou encore en faisant comme si. Finalement, c'est très proche de ce que l'on appelle la méthode Coué. Émile Coué était un pharmacien troyen, qui dans les années 1880 s'est rendu compte que ses médicaments fonctionnaient bien mieux lorsqu'il accompagnait leur vente de paroles très encourageantes. Il a même poussé ses investigations jusqu'à découvrir l'effet placebo en vendant de l'eau sucrée et de la mie de pain à des malades. C'est ainsi qu'Émile Coué a fini par théoriser une méthode qui permet d'atteindre la maîtrise de soi par une auto suggestion consciente. Voilà ce que les années 1980 ont redécouvert. Dans un monde où il n'y a plus de religion, plus de politique, plus de famille, plus d'objectifs collectifs, on peut se dire que le coaching est un palliatif, une nouvelle forme d'accompagnement dans les sociétés occidentales pour retrouver un sens de la vie. C'est un rempart contre les insécurités. N'oublions pas que nous évoluons tous dans une société libérale où tout le monde est censé gagner de l'argent, être indépendant, propriétaire de son logement comme de sa vie et surtout très heureux et en bonne santé. Le coaching intervient dès qu'un grain de sable perturbe la machine bien huilée. Le coaching vend-il du rêve ou un besoin nécessaire ? (d’après Sciences Humaines.com)

 

- Avec la pratique du coaching va la notion de résilience. Et cette idée qu'il n'y a pas de fatalité, car on peut toujours s'en sortir. La résilience témoigne d'une bouffée d'optimisme en psychologie. Mais qu'est-ce que c'est exactement ? De l'aveu même de son inventeur Boris Cyrulnik, donner une définition précise de la résilience demeure relativement hasardeux. Le même mot s'applique à différentes situations : pour faire simple on pourrait dire qu'il s'agit de faire contre mauvaise fortune bon cœur face au stress des tracas quotidiens, mais cela n'a rien à voir avec le fait de réapprendre à vivre après un accident grave ou un deuil très éprouvant. La résilience, du coup, n'est pas perçue comme un concept scientifique solide. Cyrulnik la définit comme l'art de naviguer dans les torrents. C'est une pratique de reconstruction individuelle qui ne consiste pas à nier l'importance des événements, mais à surmonter activement les épreuves vécues. Est-ce qu’être résilient veut tout simplement dire : savoir rebondir et faire d'une épreuve douloureuse passée un avenir meilleur ? Cette notion provoque cependant un certain malaise, car elle fait penser à une forme de darwinisme social où finalement les plus forts sont encouragés à surpasser les plus faibles. Finalement, le risque est de mettre en avant une sélection naturelle par le mérite, en oubliant que parfois la souffrance est telle qu'on ne peut faire autrement que demeurer immobile.  Condamner cette immobilité est bien contre-productif. Ce serait admettre des aspects moralisateurs qui ne règlent rien de la souffrance humaine, dans l’ici et maintenant…

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