Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Suppression de l'ENA : à quoi va ressembler son remplaçant, l'Institut du Service public ?

10 Avril 2021, 20:01

Clap de fin pour l'ENA, créée en 1945 par le général de Gaulle. Ce jeudi 8 avril, Emmanuel Macron a annoncé la suppression de l'École nationale d'administration (ENA), qui fournit au pays ses plus hauts dirigeants, parmi lesquels quatre des six derniers présidents de la République. Elle va disparaître pour donner naissance à une nouvelle école de formation des hauts fonctionnaires regroupant treize écoles de la haute administration et du monde universitaire, baptisée "Institut du Service public". Elle aura pour mission de "sélectionner des profils moins déterminés socialement".

La refonte prévoit une réorganisation en profondeur du recrutement, de l'enseignement et du mode de classement des élèves. "L'ISP formera tous les élèves administrateurs de l'État et intégrera un tronc commun à treize écoles de service public", a indiqué le Président dans un discours aux hauts fonctionnaires. À leur sortie, les élèves rejoindraient en priorité l'administration déconcentrée, et non l'administration centrale. S'ils devaient rejoindre cette dernière, les élèves seraient en priorité affectés sur des missions prioritaires du gouvernement. Le but du chef de l'État est aussi de mettre fin à leur affectation directe dans des grands corps d'État, où les hauts fonctionnaires ne seraient pas titularisés avant plusieurs années. 

Le serpent de mer remonte (pour de bon) à la surface. Ce jeudi 8 avril, Emmanuel Macron officialise la suppression (maintes fois évoquées) de l’École nationale de l’administration (ENA), souvent dépeinte comme un lieu de reproduction d’une élite jugée “hors sol” et technocratique. Pour la remplacer, le chef de l’État annonce à l’occasion de la Convention managériale de l’Etat la création de l’Institut du service public (ISP).  

Le président de la République avait évoqué la disparation de l’ENA -dont il est lui même issu- le 25 avril 2019, en marge du “grand débat” organisé pour sortir de la crise des gilets jaunes. “Pas pour se donner le plaisir de supprimer, mais pour bâtir quelque chose qui fonctionne mieux”, avait-il indiqué. Deux ans plus tard quasiment jour pour jour, le chef de l’État rend sa copie et son entourage vante “un changement en profondeur et inédit depuis l’ordonnance de 1945 du général de Gaulle”, laquelle avait donné naissance à l’ENA.

Une “révolution” qui consiste dans un premier temps à “mettre fin à la rente à vie et au parcours automatique en vigueur”, en supprimant le système d’affectation dans les grands corps (Cour des comptes, Conseil d’État et inspection générale des finances) par classement en sortie d’école. “L’affectation dans ces corps était devenue une fin en soi, alors que l’engagement doit être fait au service du public et de l’intérêt général”, justifie l’entourage d’Emmanuel Macron, lequel souhaite par cette réforme aboutir à “des cadres de carrière moins cloisonnés”.   

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Haut de page