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Tribune : Revenu de base, et si on essayait ? : pour un socle citoyen de 500 euros par mois

30 Mai 2021, 19:04

Depuis bientôt vingt ans, j’approfondis en permanence l’idée du revenu universel. Ma démarche personnelle est d’abord une révolte devant la complication parfaitement inutile de nos systèmes sociaux et fiscaux. Lorsqu’il s’agit d’organiser l’aide de l’Etat face aux diverses détresses de la vie ordinaire de chacun, je goûte peu la célèbre devise des Shadoks : «Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?»
(...)
Après ma thèse d’économie sur cette question, j’ai pris la présidence de l’Association pour l’instauration d’un revenu d’existence (AIRE) créée en 1989. Notre petite équipe a progressivement affiné sa proposition qui est devenue très simple. Finalement, quand on regarde les choses sérieusement, on s’aperçoit que la France compte déjà énormément de dispositifs redistributifs. Mettre en place un revenu universel, cela commence par une simplification qui tient en un chiffre et un pourcentage : chaque adulte reçoit 500 euros par mois et reverse en même temps 30 % d’impôt sur tous ses revenus. C’est ce schéma de base, extrêmement simple, que l’administration peut utiliser pour verser le revenu universel et prélever l’impôt universel chaque mois, sans aucune démarche de la part des citoyens. Ce dispositif remplace le RSA, l’ASS, la Prime d’activité, une partie de l’impôt sur le revenu, etc.
(...)
A ce montant fondamental de 500 €, que nous nommons «socle citoyen», il faut, selon les cas, ajouter plusieurs compléments. Les enfants d’abord : nous préconisons de remplacer dix dispositifs sociaux, familiaux et fiscaux, honteusement incohérents, par une allocation familiale unique. Les parents perçoivent 200 euros par mois pour leurs enfants de moins de 14 ans, et 250 euros s’ils ont entre 14 et 18 ans. A partir de ses 18 ans, un jeune reçoit 500 euros comme tous les adultes, et les diverses aides aux parents sont toutes interrompues – sauf en cas de handicap. Bien entendu, il faut conserver les aides au logement, tellement nécessaires pour les jeunes et toutes les familles qui n’ont pas ou peu de perspective de devenir propriétaires dans les conditions actuelles. Il faut évidemment aussi des prestations spécifiques pour les handicapés et les parents isolés.

Extrait de la tribune de Marc de Basquiat, économiste, président de l'association pour l'instauration d'un revenu d'existence (AIRE), parue dans Libération en mai 2021

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