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Coronavirus : Emmanuel Macron gère-t-il la crise sanitaire façon Boris Johnson ?

1 Janvier 2022, 22:11

La gestion épidémique d’Emmanuel Macron se rapproche de plus en plus de celle du Premier ministre britannique : ne prendre que des mesurettes et espérer que la vague passe toute seule.

Devant une grande épreuve de la vie, nous nous en sommes tous remis à la providence au moins une fois, abandonnant toute raison logique pour se réfugier dans une pensée magique : « Ca va bien se passer parce que ça doit bien se passer », Si cette stratégie a déjà fonctionné pour quelques-uns de nos partiels ou entretiens d’embauche, elle est plus contestable quand il s’agit de la gestion sanitaire d’une épidémie de coronavirus.

C’est pourtant ce qui semble découler des (non-) décisions de lundi, à la suite du Conseil de défense sanitaire. Alors que le pays connaît plus de 70.000 cas par jour, seules des « mesurettes » ont été décrétés, loin des tours de vis fermes lors de la première et la seconde vague. Peu à peu, l’exécutif se calque sur la gestion pandémique de  Boris Johnson en Angleterre, adoptant de moins en moins de mesures restrictives et se contentant d’espérer que la cinquième vague passe d’elle-même sans faire trop de dégâts. (...)

La « Boris-Johnsonisation » d’Emmanuel Macron commence en réalité en janvier-février 2021 lorsque, contre l’avis du Conseil scientifique, le président décide de ne pas reconfiner la France en pleine flambée des cas. Depuis, le président serait prisonnier de cette décision passée, à en croire Bruno Cautrès, chercheur au CNRS et spécialiste de la politique française : « Il y a une volonté de cohérence face à ses décisions précédentes. Il est très lié à ce choix de janvier et rien ne serait pire pour lui que de donner un sentiment d’une politique en zigzag et revenant sur ses pas ». (...)

Contrairement au non-confinement du printemps 2021, la France partage avec d’autres pays cette stratégie de ne pas trop imposer de mesures : l’Angleterre donc, mais également l’l’Espagne, comptent également sur la seule vaccination pour passer la vague. Des pays qui s’auto-entretiennent mutuellement dans leur choix. « La France s’oriente vers un laisser-faire implicite, prenant pour exemple les nations qui font le minimum », redoute Mickaël Ehrminger. Le chercheur conclut : « Il n’y a plus grand-chose de sanitaire dans la gestion de cette crise, malheureusement. Prévenir est un gros mot dans beaucoup de pays, et encore plus en France. »Ne reste plus qu’à y croire et à espérer.

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